fiche de lecture dico winnicott
Fiche de lecture de « Le langage de Winnicott, dictionnaire explicatif des termes winnicottiens .» Jan Abram, éditions Popesco, paris 2001.
Jeu page 175
L‘évolution d’une théorie du jeu
A partir d’une observation des bébés et des enfants, valeur du jeu particulièrement en relation avec la psychothérapie, la recherche et la découverte du self.
Le jeu porteur de sens. Page 176
Winnicott in Appétit et désordre émotionnel » page 47 1936 : « Nous pouvons utiliser une échelle de valeurs pour classer une série de cas : à une extrémité de l’échelle, qui marque la normalité, se situe le jeu en tant que simple dramatisation du monde interne ; il procure du plaisir. A l’autre extrémité de l’échelle, qui marque l’anormalité, se situe le jeu en tant que déni de l’existence du monde interne ; le jeu est alors toujours compulsif, excité, produit par l’angoisse, et à la recherche davantage d’une signification que d’un plaisir ».
L’expérience du self et l’amitié. Page 180
« Le jeu comprend un enrichissement de l’expérience de la vie, et Winnicott croit que ce n’est que par le jeu que l’enfant et l’adulte peuvent découvrir leur self.
« L’enfant enrichit son expérience en jouant. Une grande partie de sa vie se passe à jouer. Les expériences externes, aussi bien qu’internes peuvent enrichir l’adulte, mais pour l’enfant la richesse est trouvée principalement dans le jeu et le fantasme. La personnalité de l’enfant se développe à travers son propre jeu et à travers les inventions ludiques des autres enfants et des adultes. De la même manière la personnalité de l’adulte se développe à travers l’expérience de sa vie. En s’enrichissant eux-mêmes, les enfants élargissent progressivement leur capacité de percevoir la richesse du monde externe réel. Le jeu est une créativité évidente et continue ; cela veut dire : être vivant.
Winnicott in « Pourquoi les enfants jouent-ils ? » page 144
Le jeu et la psychothérapie. Page 184
« Pour Winnicott, dans la psychothérapie deux personnes jouent ensemble – deux personnes capables d’utiliser un espace potentiel. »
« La psychothérapie prend place dans le recouvrement de deux aires de jeu, celle du patient et celle du thérapeute. La psychothérapie, c’est deux personnes qui jouent ensemble. Le corollaire de cela est que lorsque le jeu n’est pas possible, le travail fait par le thérapeute a pour but, à partir d’un état où le patient n’est pas capable de jouer, de l’amener à un état où il est capable de jouer. »
Winnicott in « Jouer, Proposition théorique. » in jeu et réalité page 38
Phénomènes transitionnels. Page 227
« Le concept de phénomènes transitionnels porte sur une dimension de la vie qui n’appartient ni à la réalité interne ni à la réalité externe ; il s’agit plutôt de la place qui à la fois rattache et sépare l’interne et l’externe. Winnicott utilise de nombreux termes pour faire référence à cette dimension, -l’aire tierce, l’aire intermédiaire, l’espace potentiel, un lieu où se reposer, et la localisation de l’expérience culturelle. »
« On reconnaît généralement qu’une définition de la nature humaine est inadéquate lorsqu’elle ne prend en compte que les relations interpersonnelles, même lorsqu’elle admet l’existence du fonctionnement de l’élaboration imaginaire, de la totalité des fantasmes, à la fois conscients et inconscients, comprenant l’inconscient refoulé. Une autre manière de décrire la personne est issue des recherches menées ces deux dernières décades ; elle suggère que l’on peut dire que chaque individu est qui a atteint le stade d’être une unité (avec une membrane formant limite, un dedans et un dehors), possède une réalité interne, un monde interne pouvant être riche ou pauvre, dans un état de paix ou de conflit.
Je pense que si on a besoin de ces deux réalités, on en a aussi besoin d’une troisième ; il s’agit d’une partie tierce dans la vie de l’être humain, une partie que l’on ne peut ignorer, une aire intermédiaire d’expérience, à l’existence de laquelle contribuent à la fois la réalité interne et la vie externe. Il s’agit d’une aire qui n’est pas remise en question, parce qu’on ne demande rien pour elle, sinon qu’elle existe en tant que place où l’individu peut se reposer, alors qu’il est perpétuellement engagé dans la tâche de séparer les réalités interne et externe, pourtant liées entre elles. »
Winnicott « Objets transitionnels et phénomènes transitionnels, Une étude de la première possession non-moi. » page 230
L’objet transitionnel n’a pas besoin d’être réel ; il peut être constitué par :
« … un mot ou un air de musique, ou une habitude, qui en est venu à être d’importance vitale pour le bébé lorsqu’il va se coucher ; c’est une défense contre une angoisse, particulièrement une angoisse de type dépressif. »
Winnicott « Objets transitionnels et phénomènes transitionnels, Une étude de la première possession non-moi. » page 232
Pages 236 et 237
« « Du réveil jusqu’au coucher » illustre clairement la qualité de deux mondes différents : « interne » appartenant au sommeil, au rêve, à l’inconscient et à la « réalité subjective » ; « externe » appartenant à l’environnement et à la « réalité partagée » qui est perçue plus inconsciemment comme un Non-moi. On peut voir alors que l’enfant utilise l’objet transitionnel pour faire un pont entre ces deux états, ce qui rend compte du besoin qu’ont les enfants d’un objet transitionnel au moment d’aller se coucher. Le petit enfant se vit déjà dans une aire intermédiaire, quoique, comme le dit Winnicott, aucun d’entre nous n’a jamais eu les idées claires sur la lutte qui prend place dans la relation entre le dedans et le dehors. »
L’expérience culturelle Page 237
Jeu et réalité in « le lieu où nous vivons »
« Lorsque nous considérons la vie des être humains, il y a des gens qui aiment penser superficiellement en termes de comportement, de réflexes conditionnés et de conditionnement ; cela conduit à ce que l’on appelle la thérapie comportementale. Mais nous sommes pour la plupart d’entre nous, fatigués de restreindre à l’étude du comportement ou de la vie extravertie, observable du dehors, chez les personnes qui sont mues par des motivations inconscientes, que cela leur plaise ou non. Par opposition, il y a des gens qui mettent l’accent sur la vie « interne » et qui pensent que les effets de la vie économique et même de la famine ont peut d’importance par rapport à l’expérience mystique…
J’essaie de me situer entre ces deux extrêmes. Si nous pensons à notre manière de vivre, nous trouverons probablement que nous passons la plupart de notre temps, ni à faire des choses, ni dans la contemplation, mais quelque part ailleurs. Je demande : où ? Je tente de répondre à cette question. » Winnicott.
L’espace potentiel et la séparation. Page 241
Page 242
« A travers l’empathie que la mère a pour son bébé, et que le thérapeute a pour son patient, le bébé/patient est capable d’internaliser l’objet et de se sentir en sécurité dans le mouvement qui le mène de la dépendance vers l’autonomie. Grâce à cette fiabilité et à cette confiance un espace potentiel commence d’exister. Winnicott énonce un paradoxe sous forme de postulat : lorsque le bébé se sépare de sa mère, il remplit en même temps son espace potentiel avec le jeu et l’expérience culturelle. »